Après l'article consacré à l'ouvrage d'Al Gore, la transition était toute trouvée pour vous parler d'un artiste japonais "déjaponisant" :
Eizo Sakata.

"Passivité Active. Démarches de création in situ" tel est le titre de ce livre. Ce titre "oxymorique" entraîne d'emblée le curieux vers
le repos (le zen?) et l'écologie. La première de couverture confirme cette première impression avec une dominante de vert et d'eau... Par ailleurs si l'on observe attentivement les photographies,
on décèlera d'emblée une sorte de décalage chez cet artiste japonais puisque l'une d'elle met en scène un moine japonais dans les ruelles d'un village typiquement français. Le ton est donné.
Eizo se joue des apparences et des images d'Epinal : il se plaît à confronter l'occident aux images que l'on peut avoir de l'orient. Il se définit lui-même comme un "japonais, parfois malgré
lui".
Cet ouvrage dont on m'a confié la critique ne se veut pas une analyse de création artistique mais le récit de la genèse de ses créations. Eizo n'accouche pas de ses oeuvres après une douleureuse
et longue réflexion intérieure, non il crée in situ : il se déplace, observe attentivement, apprend la géographie locale et enfin crée. De là est né ce principe de passivité- dans le
sens où il se soumet au lieu et fait uniquement avec ce qu'il trouve sur place - active - il met en mouvement ce qui est.
J'ai particulièrement apprécié l'humour qui ressort de ses oeuvres, c'est en tout cas l'impression que j'ai eu en lisant ce livre. A titre d'exemple je citerai "Tours de Babel", un assemblage de
bambous coupés et assemblés de façon arbitraire. Autoportrait symbolique : le bambou évoquant ses origines et l'assemblage rappelant son universalité et ses dissemblances avec le
modèle culturel japonais. A la grande surprise de l'artiste de nombreux passants ont simplement cru qu'il s'agissait de "Kadomatsu", décors traditionnels du nouvel an, et ont félicité le créateur
pour sa grande prévoyance, signe de sagesse !!!
Pour le plaisir, un second exemple qui m'a beaucoup plu : "L'eau de la butte aux cailles". Eizo a voulu promouvoir une fontaine d'eau potable extrêmement pure (dans le 13e à Paris) : pour cela il a imaginé
des étiquettes à la fois originales mais aux contenus authentiques et pédagogiques, parodie de nos fameuses eaux minérales. Bref, l'Alexandra veut aller voir de ses propres yeux cette
fontaine au cours d'un prochain séjour à Paris... (message aux Parisiens qui me lisent régulièrement ; ) ).
Un artiste à découvrir, si ce n'est déjà fait.
Retrouvez-le sur son site, ici.

par Alexandra
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"Le réchauffement du climat expliqué aux enfants"
Voici un livre simple, concis et efficace à mettre en toutes les mains... surtout dans celles de ceux qui pensent que le réchauffement actuel est semblable à celui qu'avait connu le Moyen-Age
! Il n'en est RIEN : nous marchons à notre perte et cet ouvrage le démontre à l'aide de photos et de graphiques indiscutables. Est-ce trop tard ? Aux dires des scientifiques, non ! Mais il est
nécessaire de ne plus tergiverser et d'agir...
A lire impérativement et à offrir à tour de bras !
Gentiane est une comédienne de grande renommée : son talent fait l'unanimité. Les vers de Racine résonnent encore en elle lorsqu'un homme vient la trouver dans sa loge et dit : "Vous
êtes très belle. Avez-vous un dictionnaire ?" Cette question mène le lecteur aux origines de Gentiane, à son père et à la mutilation d'un enfant dont elle est, selon elle, responsable. Le passé
de cet admirateur qu'elle finira par épouser semble bien trouble lui aussi. C'est avec ces secrets que Gentiane poursuit sa vie et doit faire face à la maladie.
Il est bien difficile de proposer un résumé structuré de ce roman pourtant court. En effet, j'ai trouvé la lecture des premières pages laborieuses : le passé de Gentiane avec son père et cet
enfant défiguré m'a semblé sur le moment fastidieux et peu utile après lecture. Sans doute une simple évocation, quelques pages tout au plus suffisaient et l'intrigue s'en trouvait allégée. De
plus, l'auteur, soucieuse semble-t-il d'employer de beaux mots, tombe dans le travers du pédantisme : malgré le lien particulier qui unit Gentiane à son père, le registre trop soutenu nuit à la
narration.
Bref, je ne suis réellement "entrée" dans le roman qu'au moment où le narrateur reprend la conversation des personnages qui avait été entamée en incipit. De là s'ensuit une histoire de femme
confrontée à la maternité et à la maladie, à la vie et à la mort : dès lors, la lecture est aisée et la langue travaillée, mais sans outrecuidance... comme si l'auteur s'était elle-même
laissé prendre par les personnages.
Mon avis sur ce roman est par conséquent partagé car, même si j'aime les récits à la langue recherchée et travaillée, je n'ai vraiment pas adhéré aux trente premières pages. Or, la qualité d'un
début de roman est primordial à mes yeux.
Ce livre a été lu dans le cadre de :

par Alexandra
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Le narrateur est un jeune lycéen sans signe distinctif, un lycéen parmi tant d’autres. Non loin de la maison de ses parents emménage
une jeune fille à la fois séduisante et énigmatique : Anna. Leur histoire ne commence vraiment qu’au détour d’un rayon de la bibliothèque du lycée. Anna est une fille à part. A part à
cause de son look gothique, à part à cause de son caractère énigmatique, à part à cause de son goût pour les nécrologies.
Pourtant, notre narrateur succombe et Anna devient pour lui Anastasia, car c’est ainsi que ses proches la nomment. Leur amour se construit autour d' échanges culturels, de réflexions de
tous ordres, de codes et de secrets. C’est pour cette raison d’ailleurs que le narrateur ne croira pas à sa véritable disparition lorsque celle-ci surviendra : il guettera les signes et
déchiffrera les codes pour la retrouver.
Un récit pour adolescents certes, mais qui se lit avec plaisir. Dès le départ, le lecteur est pris au piège
d’Anastasia : « Anna Cayne avait emménagé ici au mois d’août, l’été juste avant notre entrée au lycée, mais en février elle avait déjà, un à un, tué tous les habitants de cette
ville ». Ainsi s’ouvre le roman. Outre le titre, cet incipit alléchant tient doublement le lecteur en haleine. Tout d’abord il attend fébrilement la disparition d'Anna : aussi
est-il méfiant, attentif aux moindres indices textuels qui lui permettra plus tard d’éclaircir l’énigme. Puis, une fois la disparition survenue, il s’identifie au narrateur et vit avec lui sa
quête et toute la palette des sentiments qui l’accompagne. Jusqu’au bout, on se prend à espérer…
Voici un nouveau destin de femme sarde qui nous est raconté par sa petite fille. Cette grand-mère a toujours été singulière : à l'âge d'aimer, elle écrivait des poèmes à ses
prétendants qui finissaient toujours pas ne pas revenir. Sa propre mère lui faisait payer cher cette audace et s'était convaincue elle-même que sa fille était folle, voire possédée. De désespoir,
Grand-Mère tenta de mettre fin à ses jours en se jetant dans le puits de la maison familiale. Sauvée par ses soeurs, elle trouvera enfin la paix auprès d'un homme qui acceptera de l'épouser ; ce
mariage ne se rompra jamais bien qu'il lui manquât la "chose principale". Souffrant du mal de pierres (des calculs), Grand-Mère part en cure loin de son île ; là-bas, elle découvre ce qu'est
aimer et être aimée. Le reste de sa vie, elle n'aura alors de cesse de retrouver cet homme.
C'est le second roman de Milena Agus que je lis et j'ai à nouveau beaucoup pris de plaisir à lire. Tout d'abord, parce qu'elle nous brosse le portrait d'une femme aussi forte que
fragile à travers le regard de sa petite fille. Le lecteur a ainsi l'impression de suivre des générations de femmes au sein d'une même famille : en effet, il est aussi question de
l'arrière-grand-mère et de la mère. Ensuite, l'intrigue, fort simple en apparence, est remarquable et soignée jusqu'à la dernière ligne (mais je n'en dis pas plus). Enfin, même si les couleurs et
les odeurs sont moins présentes que dans Battements d'ailes, ce récit plonge le lecteur dans une atmosphère et une culture
sardes. Un beau moment de lecture.
par Alexandra
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Charles Balanda, architecte
quadragénaire, observe sa petite vie parisienne se disloquer lorsqu'il découvre une lettre qui lui est adressée et dont la teneur tient en trois mots : "Anouk est morte". Surgit alors un passé
lourd et chargé en émotions, de ce passé surgit un ancien ami et de la visite de cet ancien ami une rencontre.
Voici en quelques mots la teneur de ce roman. Après la boulimie qu'avait suscitée Ensemble c'est tout, je m'attendais à une lecture moins
convenue. J'avais par ailleurs fort hésité à lire ce dernier ouvrage car les critiques étaient loin de faire l'unanimité et, en effet, cela me semble justifié. Disons que pour faire simple, le
narrateur s'étend longuement, trop longuement, sur le passé de Charles et d'Anouk ; certes, cela a son intérêt pour la suite mais la somme des pages est injustifiée. Quant à la suite, tout semble
attendu ; malgré cela, on se laisse prendre à l'intrigue.
Ce qui m'a aussi particulièrement dérangé dans ce récit est le style. Je n'ai vraiment pas supporté ces phrases sans sujet exprimé, facilités d'écriture. Les phrases ne sont pas assez belles
syntaxiquement et le vocabulaire manque de recherche.
En bref, une lecture de plage sympathique mais guère plus.
par Alexandra
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Samedi après-midi. Pas tout à fait quatorze heures. Le chapiteau de l'Eté du livre n'a pas encore été investi par une foule de curieux ;
les chaises des auteurs sont, elles aussi, vides ! Et oui, c'est l'heure du déjeuner... et celui-ci semble se prolonger ! Soit, peu importe, je pars en quête de quelques
trouvailles livresques. Absorbée par mes recherches, peu fructueuses cela dit en passant, je ne me rends pas compte que l'allée centrale a été prise d'assaut. Des files d'attente se forment :
mais qui sont donc ces auteurs que tant de gens attendent avec ferveur ? J'entreprends bravement de remonter cette allée. Premiers mouvements de foule pour Musso et Teulé, je poursuis. La foule
est dense : des mises en plis à perte de vue ! Je me renseigne : la star attendue n'est autre que Michel Drucker ! Ah ! je comprends mieux... (silence, mettez-y ce que
vous voulez...) Viendra-il ou ne viendra-t-il pas ? Telle est la question lorsque je décide de rebrousser chemin. Courageuse mais pas téméraire ! Je m'attarde tout de même quelques instants
autour de la littérature de jeunesse avant de m'éclipser par les portes du fond.
Chaque année, je me réjouis de la tenue de l'Eté du livre et je reconnais que, chaque année, je suis déçue : j'ai l'impression d'assister à une foire ! "Venez goûter le nouveau Picouly ! Il
est frais !!!"
Bref, je m'en retourne à la maison, me disant que j'aurais préféré passer cette heure à lire.
La vraie surprise eut lieu plus tard. En me baladant, avec ma Toute Petite rue de la Fontaire (si vous ne connaissez pas encore cette petite rue proche de la place Saint-Louis,
courez-y !), je découvre le Festival Off de l'Eté du livre. Génial ! La rebellion a été lancée par cette nouvelle librairie dont je vous avais déjà parlé, le Carré des bulles. Certes, il n'y a cette
année que quelques tables mais l'initiative mérite d'être connue : l'ambiance m'a semblé conviviale et sympathique. 
Ma Toute Petite a eu droit à son premier livre dédicacé : "Roger Crotte de nez" de Claire et Eric Pelosato (Promis vous aurez votre critique !).
RETENEZ BIEN CETTE ADRESSE, JE CROIS QU'ON EN ENTENDRA ENCORE PARLER !!!
par Alexandra
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Chaque année, avec le soleil arrive l'événement littéraire de la ville : l'été du
Livre. Trois jours consacrés aux livres en tout genre, trois jours de débats autour d'un thème choisi (cette année "De mai 68 au Tibet, le livre vecteur de liberté)", trois jours
où auteurs et lecteurs se rencontrent.
Cette année, parmi les auteurs seront entre autres présents P. Garnier (en littérature de jeunesse), J. Teulé (petite pensée pour le club de lecture des bloggeuses), G. Musso, D. Picouly, G-P
Effa, A. Abecassis, R. Desforges... et bien d'autres que vous trouverez dans cette liste-ci.
Bien sûr, j'y serai et vous ferai part de mes trouvailles.
Si vous ne connaissez pas encore Metz, l'Eté du livre vous donne une bonne occasion de découvrir cette ville chargée d'histoire et au patrimoine superbe. Alors n'hésitez plus ! Et si
vous passez dans le coin n'hésitez pas à me laisser un petit mot sur le blog ; )

par Alexandra
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Quinze heures, comme promis, j'arrive à ma librairie préférée. Ce
samedi est un peu particulier : une rencontre avec l'auteur de L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson, est organisée.
Joelle Tiano est déjà là, quelques lecteurs comme moi se sont installés. L'espace n'est pas très grand mais chacun y trouve sa place, sur des chaises, par terre avec ou sans coussin, sur des
fauteils, sur les marches de l'escalier... Bref, un tableau très varié. En décoration, outre les livres d'art et de poésie, des cuillères en argent qui sentent bon les temps anciens ont pris
place sur les étagères.
Au cours de cet échange, les grands thèmes du récit sont repris : la vieillesse, la mémoire et les souvenirs, la place des femmes, les relations et transmissions intergénérationelles. Le dialogue
qui s'instaure entre l'auteur, les libraires et les lecteurs, nous amène à établir des liens entre les personnages de fiction, des expériences vécues et des réflexions plus profondes sur le
monde. Joëlle Tiano est une vraie "bavarde" comme on les aime : des moments de vie et des interrogations à partager au gré de digressions tantôt légères tantôt graves.
Joelle Tiano est également revenue sur la genèse de son roman, sur son choix de placer ses personnages dans des lieux fictifs, sur les étapes qui ont précédé sa publication et sur l'explication
de ce titre si "baroque" (dont j'ai déjà parlé et que j'aime tant prononcer).
Au terme de cet échange tous étaient conviés à une dégustation de cet "enchanteur et illustrissime gâteau café-café". Malheureusement, je n'ai pu rester, je n'ai donc pas eu le plaisir de le
déguster... et je ne pourrai pas vous en faire profiter !
Reste à présent une énigme terrible : ce gâteau café-café est-il si enchanteur ???
par Alexandra
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Quelque part en Bretagne, au mois d'octobre... Gabriel est étranger à la région, d'ailleurs personne ne sait d'où il vient. Cet être affable à le don de
nouer des relations, surtout lorsque les personnes qu'il rencontre connaissent des situations de crise. C'est d'abord le cas de José, cafetier, dont la femme vient de sombrer dans le coma et dont
les trois enfants séjournent chez sa mère. Ensuite, il y a Madeleine la réceptionniste de l'hôtel dans lequel Gabriel s'est installé quelques jours : une femme seule qui se désespère de l'être
toujours. Enfin, il y a ce couple un peu paumé, Marco et Rita. Avec ses mots bien à lui et ses talents de cuisinier, Gabriel leur apporte à sa manière un peu de réconfort mais quand on
l'interroge sur sa vie, il reste très discret... trop discret. Et le panda me direz-vous ? Une peluche que Gabriel a gagnée dans une foire et qui finira par observer ces êtres depuis la place que
José lui assignera.
Si vous souhaitez passer un moment qui tantôt vous sera agréable, tantôt vous fera sourire et tantôt vous donnera des sueurs froides, lisez ce roman.
Dans un récit sans prétention en apparence, le lecteur découvre une galerie de portraits très variés : la psychologie des personnages est complexe et l'auteur est loin de faire dans le
manichéisme. Bien au contraire, il semble nous rappeler à chaque instant que sommeille en nous une part destructrice et dévastatrice. La violence n'est pas dans les mots mais dans ce qu'elle nous
suggère personnellement. Après avoir refermé ce livre, peut-être verrez-vous un Autre dans le miroir : non pas celui que vous êtes mais celui que vous pourriez potentiellement être !
par Alexandra
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