Le tableau du maître flamand d'Arturo Perez-Reverte
Julia est une jeune restauratrice d'oeuvres d'art à qui l'on confie la célèbre toile de Van Huys La partie d'échecs (1471). Cette toile doit faire prochainement l'objet d'une vente. Au cours de la restauration, la radiographie de l'oeuvre révèle une inscription latine : "Quis necavit equitatem ?" (dont la traduction est "Qui a tué le cavalier ? ou "Qui a tué le chevalier ?"). Consciente que cette découverte accroîtra la valeur du tableau, Menchu, l'intermédiaire entre le propriétaire de la peinture et la maison Claymore, pousse Julia à en découvrir davantage. Celle-ci aidée de son vieil ami César, son père d'adoption, plonge dans le passé trouble de l'oeuvre. Tout cela reste amusant et fascinant jusqu'au jour où le passé rejoint le présent : en effet, Alvaro, professeur d'histoire de l'art, qui a apporté des informations précieuses au sujet du Van Huys, est retrouvé assassiné dans sa baignoire. Quel lien avec une oeuvre vieille de plusieurs siècles ? Rapidement, Julia et César comprennent qu'un criminel continue la partie d'échecs peinte ! Les voici donc acculés à poursuivre l'enquête et à jouer cette partie ; pour cela, il s'entoure d'une tierce personne, un brillant joueur d'échecs nommé Munoz.
La phrase Incipit du roman annonce le genre : "Une enveloppe cachetée est une énigme qui en renferme d'autres". Le tableau du maître flamand est un excellent roman policier à énigme ; tous les ingrédients sont là pour maintenir le lecteur dans ses rets (indices, fausses pistes, suspense, rebondissements, chapitre final explicatif). De plus, l'illusion de la réalité est telle qu'on finit par croire que Van Huys et son oeuvre sont réels ! En réalité, Perez-Reverte, auteur Espagnol, s'est inspiré de la célèbre toile de la Vierge au chancelier Rolin de Van Eyck pour construire son oeuvre. Cette dernière contient six niveaux de lecture au total et ces lectures font appel tantôt à l'art, tantôt aux mathématiques et tantôt aux échecs ce qui plonge le lecteur dans un milieu à la fois fascinant et énigmatique. Bref, une réussite.
Deux célèbres oeuvres du peintre flamand du XIIIe/ XIVe siècle, Van Eyck :

Vierge au chancelier Rolin Van Eyck (1430)

Les époux Arnolfini, Van Eyck (1434)