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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 07:59

… c’est de poésie que je vais vous parler, ou du moins essayer de le faire. En effet, j’ai toujours eu cette impression frustrante d’être hermétique à la poésie. Quand certains s’extasient devant les œuvres de Rimbaud et Baudelaire, moi je souffre en silence de ne pas parvenir à franchir le miroir des mots. Des années durant, je me suis donc contentée de picorer de-ci de-là quelques vers… (fin de ma petite introduction nombriliste !)

 

 

Pierre Vendel n’est pas « un Prince d’Aquitaine à la tour abolie » (Nerval), il appartient davantage à ceux « qui interroge[nt] l’abîme, étant [eux]-même[s] gouffre[s] » (Hugo), à ceux qui voient dans les mots une arme tranchante, un couperet pour décapiter les a priori et les extrémismes de ce monde. Funambule est une photographie de notre société, un regard tantôt critique et révolté tantôt amoureux de l’Homme et de l’homme d’aujourd’hui. Pareil à un équilibriste, il avance pas à pas sur le fil de la Vie et du Temps.

 

Ce recueil s’organise autour de trois axes qui vont de l’Homme à l’intimité de l’homme… sans oublier qu’au plus fond profond de son être, l’Etre porte l’empreinte du monde.

De la lecture de la première partie, me restent du noir et du rouge. En effet, sans doute aidée par les remarquables illustrations de Béatrice Garcia, j’ai associé des couleurs aux mots et aux textes. « Le monde au fil du rasoir » (première partie) est sans nulle doute celle que j’ai le plus appréciée et dans laquelle j’ai retrouvé une part de mes réflexions et de mes angoisses du monde. Dans Dépêche d’un terrien, notre réalité d’occidentaux bien tranquilles nous explose à la figure :

 

« Un, deux, trois, feu, partez

Au signal, tout l’monde lève le nez

Spectacle, son, lumière

Feu d’artifice à la télé

Le journaliste annonce les guerres

Et toi, tu te ressers un verre.

 

Coup d’état sur ta fierté

Ton âme sœur chérie t’a quitté

Spectacle, colère, déclic

Tu craques, tu claques, tu prends tes clics

Feu de paille sur ton éthique

Simple état d’âme étatique. »

 

Pierre Vendel joue habilement avec les mots, martèle les sons, déconstruit les conventions poétiques. Ainsi dans Prologue à la vie :

« Plus d’amour, pas de remord

Professionnel, « ôteur » de torts

Improbité de ta conscience

Centre de production impro

Ductif. Absence de l’enfant pro

Dis-je, avorté »


Certains textes me rappellent la poésie de Tardieu. C’est notamment le cas de Monsieur N ou de « Je » pronom personnel où « Je est personnel / Je est pronom /Je est relatif / Tout est relatif ».

 

Les deux autres parties du recueil ont trouvé moins d’écho en moi : plus intimistes, plus narratives aussi, elles abordent des thèmes plus lyriques, l’Amour, le Temps, la Mort mais aussi la Paternité. C’est une poésie du cœur aux couleurs plus vives et plus chaudes qui sont… « moins Moi » pour parler familièrement. Le verbe y est tout aussi ciselé ; je vous livre quelques vers que j’ai gardés : « Le silence est tombé / Sans faire de bruit / J’ai fermé le volet / Refait le lit / Ensuite suis sorti / Sans faire de bruit » ( Sans faire de bruit ).

 

 

Vous aurez donc compris que la lecture de ce recueil poétique m’aura permis d’aller au-delà de mes appréhensions liées au genre parce que sous des apparences de simplicité les textes de Pierre Vendel véhiculent stylistiquement des idées fortes et nous rappellent que nos idéaux ne sont pas que des « mots abîmés » (Désenchantée de Mylène Farmer). Un univers à découvrir où chacun trouvera une part de lui-même…

 

Vous pouvez lire d’autres poèmes, ici (jetez un œil Aux bords de la Vivone, les lecteurs que vous êtes apprécieront je pense).

 

Sources : Funambule, Pierre Vendel, ill couv Béatrice Garcia, Ed Le chasseur abstrait, 2009

 

Si vous êtes intéressé(e) et que vous peinez à trouver ce recueil, sachez que le mien est prêt à voyager. N’hésitez pas à me contacter (cf adresse ci-contre).

Par Alexandra - Publié dans : Autres genres
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 12:48

Un matin, Grégoire Samsa se réveille, métamorphosé en un insecte hideux et répugnant ; son esprit lui est resté le même. Il vit et affronte sa famille dans ce corps qu'il ne connaît pas et qu'il devra pourtant rendre sien. Point d'ancrage de la maison, sa situation bouleverse les liens entre les membres de son entourage.

Cette nouvelle publiée en 1915 fait partie des incontournables de Kafka. Le lecteur est dès la première phrase plongée dans un univers fantastique qui effraie. A travers cette métamorphose, le narrateur explore les sentiments humains : la culpabilité, l'exclusion, la solitude... mais au delà de cela, c'est une réflexion sur la conscience humaine : les angoisses et les craintes qui font de nous des hommes se matérialisent ici dans cette vermine. Les cauchemars deviennent réalités, l'absurdité de notre condition est révélée : aucune issue ne semble possible, l'homme est acculé à la mort.

Si vous optez pour la lecture du recueil de nouvelles qui accompagne cette oeuvre, je vous conseille aussi Le verdict. Tout aussi dérangeant.

Ref : La métamorphose, Kafka, Gallimard, Folio

Par Alexandra - Publié dans : Autres genres
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