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BD

Jeudi 11 juin 2009

Alice n'a pas de père : elle est élevée en province par sa grand-mère jusqu'à ses treize ans. Sa mère la fait alors venir à Paris pour être apprentie puis ouvrière. Quelques années plus tard, maltraitée par sa patronne, elle choisit de s'enfuir. Pour survivre, elle commence à poser nue pour quelques jeunes artistes du quartier Montparnasse... Très vite, elle fréquente les plus grands peintres et écrivains surréalistes, devient LE modèle à la mode, connu sous le nom de Kiki, et la maîtresse-égérie de Man Ray.

Vous savez maintenant que la BD n'est pas mon genre de prédilection mais il m'arrive quelque fois de me laisser tenter. Voilà des mois que j'avais repéré cet ouvrage et, alors que j''étais entrée dans la librairie sans intention d'acheter (si ! si!), je suis ressortie avec les 400 pages de Kiki ! pff On ne se refait pas, que voulez-vous ? Bref...
Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que le sujet était tentant : découvrir le Montparnasse des surréalistes à travers le parcours d'une jeune femme, Alice Prin, immortalisée par les plus grands, comment résister ? Un internaute disait de cette BD que c'est un peu "le surréalisme pour les nuls"... en mieux ajouterai-je ! 
Partir de la biographie de Kiki laissait aux auteurs de ce livre une part de liberté à l'Histoire qui s'imposait à eux. Les yeux, faussement naïfs, d'Alice Prin permettent au lecteur de fréquenter les plus grands (Desnos, Tzara, Cocteau, Jacob, Ray, Modigliani, Picasso... et tant d'autres) et leurs principes de création avec simplicité et légèreté. Les dialogues accroissent cette impression, pourtant le tragique n'est jamais loin. Le choix du noir et blanc offre, quant à lui,  à l'imaginaire la possibilité de vagabonder dans les cases... et c'est appréciable !
Tout me porte à découvrir cet univers artistique : de Man Ray je ne connaissais que le nom et Fujita Tsuguharu, l'autre Kiki, m'était totalement inconnu. Une belle rencontre avec l'art. 

Voici Kiki, la Vraie, immortalisée par Man Ray :


L'étoile de Mer (1928) est une autre création artistique de Man Ray dans laquelle on devine Kiki et un certain Robert Desnos... 


Par Alexandra
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Jeudi 28 février 2008

peeters-pilules-bleues.jpg Fred est dessinateur et a le projet de mettre en BD son histoire sentimentale, son couple "discordant". Il revient donc sur sa rencontre avec Cati : lors de leur première rencontre il la trouve charmante et exubérante , lors de leur deuxième rencontre charmante et mariée, lors de la troisième charmante et fatiguée ; ce n'est qu'à partir de cette troisième rencontre qu'une relation se noue. Une relation qui d'emblée doit faire à la difficulté : Cati et son fils de trois ans sont séropositifs. 
  
Totalement néophyte en matière de BD mais curieuse de découvrir cet univers, j'ai acquis cet ouvrage sur les conseils d'un nouveau libraire spécialiste du genre. Je n'ai pas été déçue car ce récit autobiographique est efficace : l'histoire semble a priori vue et revue mais non !  Le traitement du sujet est intéressant : il ne s'agit pas d'une BD sur le HIV avec pour toile de fond une relation sentimentale. L'amour n'est pas le prétexte mais le thème ! A aucun moment, on ne tombe dans le pathos, le larmoyant ou le démagogique ; bien au contraire, certaines angoisses sont traitées avec beaucoup d'humour. 
Par ailleurs, j'ai été agrablement surprise par la capacité de l'auteur à suggérer les pauses, les silences évocateurs et l'inquiétude par l'image.  A découvrir.

Par Alexandra
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Mercredi 13 février 2008

spiegelman-maus.jpg Dans une BD hors du commun, l'auteur raconte l'histoire de son père Vladeck Spiegelman, rescapé juif d'Auschwitz. Les relations entre le père et le fils sont très tendues : le moment du recueil des sources est un rare moment de partage. Le fils découvre le visage d'un autre homme que celui qu'il connaît alors de son père ; à travers ce projet, il tente aussi de se construire lui-même et de trouver sa place comme fils de survivant. 
  
La bande dessinnée est un genre qui ne m'est absolument pas familier, aussi n'aurai-je pas la prétention de juger du traitement de l'image. Je noterai juste que l'usage de la souris  pour représenter les juifs et du chat pour les nazis est remarquable car elle permet au dessinateur d'établir une certaine distanciation et de suggérer la généralisation. 
Personnellement, ce qui m'a particulièrement interpelée dans cette oeuvre, c'est la maîtrise du genre autobiographique par l'image. Outre le procédé de distanciation déjà cité ci-dessus, on y trouve les deux temporalités propres au genre : celle des années 1940, du vécu avant Auschwitz, pendant et après, et celle du moment de l'adaptation du récit en images. Les mêmes interrogations et doutes que connaît l'écrivain sont rencontrées et traitées par le dessinateur : dans quel ordre  donner les événements ? par où commencer ? que retenir ? comment procéder sans trahir la mémoire ? Enfin, cette BD n'est pas que le récit d'un survivant, c'est avant tout l'histoire d'un homme en quête de ses origines, d'un homme qui a toujours eu le sentiment de survivre à des survivants, d'un homme qui cherche sa place dans une histoire qui n'est pas directement la sienne... et qui lui confère au final une identité dont il aurait peut-être préféré se passer...

Par Alexandra
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