Samedi 25 juillet 2009
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Comme cela m'arrive ponctuellement, le site Chez les filles m'a
adressé via les éditions du Seuil un roman tout juste paru. Il s'agissait cette fois d'un policier, registre vers lequel je me dirige assez peu car je suis rarement enthousiaste. Une tombe accueillante n'a pas échappé à cette tendance.
Lincoln Perry est détective privé. Il est interrogé dans le
cadre de l'assassinant sordide d'Alex Jefferson, cet homme qui lui avait justement "piqué" sa fiancée trois ans auparavant. Karen, l'ex, fait alors appel à lui pour qu'il retrouve le fils de son
défunt mari : elle ne connaît Matthew que de nom car celui-ci n'avait plus de contact avec son père. Contre toute attente, Perry accepte cette enquête, il retrouve ce fils et devient du
même coup le suspect n°1 dans cette enquête criminelle.
Que vous dire ? J'ai lu ce roman en vacances, j'ai suivi sans difficulté, sans indifférence et sans enthousiasme particulier l'intrigue. Je ne me suis pas pressée pour rédiger cet article et
j'avoue qu'il m'est à présent difficile d'en faire une critique approfondie. Oui, ça se lit... mais il est certain que je n'en garderai pas un souvenir impérissable !
Sources : Une tombe accueillante, Michael Koryta, ill de couv. Plainpicture, ed du
Seuil, 2009 pour la traduction française (2007 version originale)
Par Alexandra
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Mardi 5 mai 2009
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18:35
Milan. Une nouvelle librairie : Rêves&Sortilèges. Librairie toute consacrée à l’Amour, décliné en rayons aux noms évocateurs tels que « Coeurs
brisés » ou « Lieux de l’amour ». Et dans cette librairie, une libraire au prénom chargé de sens, Emma. Emma ne se contente pas de dénicher le livre dont vous avez besoin à
l’instant X mais elle répare les cœurs avec les mots qu’elle vous présente.
Emma se plaît dans son célibat : son fils, sa librairie et ses livres la nourrissent et l’enchantent chaque jour. Un matin, elle
trouve un petit billet vert soigneusement laissé à sa vue dans un roman en rayon. Sur ce billet, un prénom, Federico –son amour de jeunesse- et un numéro de téléphone.
Ils reprennent contact, retrouvent leur complicité amicale et amorcent une longue correspondance… mais Federico vit à New-York et est
marié.
Ce livre m’a été envoyé gracieusement par Chez les filles
et les éditions des Presses de la cité. Je dois reconnaître que ce titre à l’eau de rose et ce prénom, Emma, si attendu, ont fait naître en moi quelques préjugés… Cependant,
l’évocation d’une librairie très spéciale a attisé ma curiosité et m’a poussée à parcourir les premières pages… Puis de page en page, j’ai adhéré à cette histoire d’amour un peu surannée et à ces
mille références littéraires qui vous invitent à d'autres voyages littéraires. Mon seul regret réside dans la fin de cette histoire, un peu trop à l’eau de rose à mon goût… surtout qu’il est
bien connu que les « histoires d’amour finissent mal… en général ».
Sources : L'amour est à la lettre A, Paola Calvetti, ill de couv Leptosome, Ed
des Presses de la cité, 2009
Par Alexandra
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Dimanche 26 avril 2009
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10:46
Elena est née en Roumanie, a aimé en Roumanie puis a décidé de
quitter ce pays aux mains du régime totalitaire de Ceaucescu. Elle émigre d’abord en Israël avec Jcaob son époux et Alexandru son fils. Elle voulait connaître la liberté mais la peur est toujours
là, certes son origine est autre mais elle est toujours présente. A force de requête, Elena et les siens obtiennent un visa, comme réfugiés politiques, pour les Etats-Unis. Elena devient alors
Helen.
Alexandru est désormais un homme au brillant avenir mais Helen voit d’un mauvais œil son mariage avec Marie, une jeune française
indépendante et éprise de liberté.
A nouveau, des destins de femmes. L’évolution du personnage d’Elena à Helen est vraiment intéressante : en Roumanie, la jeune
fille, malgré son obéissance, revendique son désir de liberté et d’évasion : ingénieure dans le nucléaire, elle est volontaire, indépendante et sait faire prévaloir son amour pour Jacob, un
Juif, au brillant avenir que ses parents lui avaient tracé. Mais Helen est devenue une épouse et une mère pétrie des principes de sa propre éducation : cette ancienne femme libre
émet des restrictions à l’indépendance des femmes. Qu'est donc devenue Elena ? Que lui est-il arrivé pour reprocher aujourd'hui à sa belle-fille son extrême liberté, sa jouissance
de la vie et son insouciance ?
J'ai porté un vif intérêt à ces destins et particulièrement à l'emprise de l'éducation et à l'impact des rencontres et des événements de la vie sur eux. Pourtant j'ai terminé cette
lecture avec un sentiment étrange, dérangeant peut-être, que je ne parviens à définir...
Sources : Un brillant avenir,
Catherine Cusset, Gallimard, nrf, 2008
Par Alexandra
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Lundi 20 avril 2009
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18:44
Naples. 1980. Matteo De Nittis presse son fils, Pippo, pour ne pas
arriver en retard à l’école. A l’approche des grilles de celle-ci, une fusillade. Tous deux se jettent au sol : seul Matteo se relève. Là commence le cauchemar d’un père et d’une mère
amputés dans leur chair, écorchés par la mort de leur enfant. Giuliana crie à l’injustice et crache sur la vie; Matteo erre dans cette ville, la nuit.
Naples. 2002. Filippo De Nittis s’apprête à commettre un crime : une vengeance vieille de plusieurs années. L’autre n’aura pas
l’occasion d’avaler la première gorgée de son café : Filippo lui plante un couteau dans le ventre.
Encore une lecture bouleversante… Cette histoire de père et de mère endeuillés m’a bouleversée au plus profond de mes
entrailles et a donné un visage et un décor à mes angoisses les plus profondes. La perte d’un enfant y est représentée avec une telle violence et un tel réalisme qu’il me semble difficile
d’y rester insensible. Pourtant, ne vous méprenez pas, ce livre porte en son cœur un espoir… La Porte des Enfers.
Chut !
J'en ai déjà trop dit...
Par Alexandra
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Samedi 18 avril 2009
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14:47
C'est l'histoire de Soledad, la dernière née... celle qui n'a jamais été embrassée par sa
mère... celle qui n'a jamais trouvé d'époux... celle qui a choisi aujourd'hui d'écrire la traversée de sa mère, de coucher sur le papier le récit de cette femme aussi forte que
fragile...
C'est l'histoire de Frasquita Carasco celle qui a reçu le don de la couture... celle qui coud les chiffons, les
étoffes, les hommes... celle qui a été jouée et perdue par son mari... celle qui a choisi de traverser les contrées andalouses et la mer, avec ses enfants sur une charrette à bras, pour
échapper aux regards et aux paroles...
C'est l'histoire d'une boîte merveilleuse que des femmes se transmettent de génération en génération lors de la Semaine Sainte... une boîte qui traverse des vies pour en révéler leur
quintessence...
Comment dire l'émotion qui vous submerge à la lecture de ce roman, épopée moderne où les
femmes d'une lignée choisissent de composer avec leur destin ? Avec l'habileté d'une couturière, Carole Martinez brode des histoires, tisse des personnages et entrelace
des univers merveilleux et d'un réalisme violent. Tel une tapisserie d'Arachné, cet ensemble prend vie et plonge le lecteur dans une forme de ravissement. 440 pages obsédantes. 440 pages de perte
du sens des réalités. 440 pages de poésie et de mots susurrés.
A lire ABSOLUMENT !
Imaginez à présent, en plus du bonheur de lire Cœur Cousu, le
privilège de rencontrer l'auteur !
C’était samedi 11 avril en fin d’après-midi… Je n’avais pas lu le livre mais une amie avait tant insisté sur
ses qualités que j’avais décidé d’assister à cette rencontre organisée par la Cour des grands… juste pour voir… C’est là
que Carole Martinez m’a charmée, au sens premier du terme, avec ses talents de conteuse, dévoilant ses personnages et ses sources d’inspiration sans ne rien divulguer de l’intrigue et du
livre-même. Un moment inoubliable de partage entre un auteur et ses lecteurs.
Sources : Le coeur cousu, Carole Martinez, ill. de couv Ouka Leele, Gallimard, Folio,
2007
Par Alexandra
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Mardi 7 avril 2009
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21:32
Choutov est un écrivain russé exilé à Paris : attaché à ses valeurs et à ses convictions "littéraires", il est peu reconnu. Sa petite amie, fort jeune, le
quitte...
Dans un désir de reconstruction, il s'envole pour sa ville natale Saint-Petersbourg, espérant y retrouver ses amours de jeunesse et ses souvenirs. Malheureusement, la Russie qu'il trouve n'a plus
rien à voir avec l'URSS qu'il avait jadis quittée. Sa mondialisation le laisse perplexe... Il rencontre alors un vieil homme, un inconnu : Volski. Dans un élan de vie, ce dernier
lui livre son vécu : le siège de Leningrad, les purges staliniennes et Mila, son amour de toujours.
C'est en flânant dans les rayons de ma bibliothèque que j'ai été appelée par ce roman. "Makine" et "Saint Petersbourg" ont suffi à me convaincre... et quel bonheur ce fut !
Deux histoires d'hommes inconnus.
Des sentiments remarquablement nuancés.
Le constat du temps qui passe irrémédiablement.
Une écriture puissante, souffle de vie.
Etrangement je peine à vous construire un avis... peut-être parce que tout fut dans l'émotion et que, pour une fois, j'ai envie de rester sur ces émotions... Ne m'en veuillez pas.
Sources : La vie d'un homme inconnu, Andrei Makine, ed du Seuil, 2009 (pour la
traduction)
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Vendredi 3 avril 2009
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06:50
Fondée
sur des faits réels ce récit relate le naufrage d’un navire, l’Utile, au large de Madagascar en 1761. Lafargue est à sa tête secondé par Castellan. En fond de cale, une cargaison
clandestine, 161 Noirs, alors que la France vient d’interdire la Traite dans l’Océan Indien.
Le capitaine et son second ont des avis divergents quant au chemin à emprunter pour faire route vers l’Est : l’un se fie à une
carte ancienne mais officielle, l’autre à une carte plus récente : une île dangereuse serait sur leur route. L’obstination de Lafargue mène à la perte du navire qui heurte une barrière de
corail et fait face à des déferlantes. Blancs et Noirs sont pris au piège d’une île que même les tortues fuient.
La présentation qui m’avait été transmise par Chez les filles me plaisait mais la
déception est vite arrivée. Premier a priori : une couverture « marketing », je déteste ! Mais bon, je passe outre et me lance à l’assaut du roman. Là, deuxième
déconvenue : le récit s’ouvre sur une longue et lourde description de cette île. Planter le décor ? Ah, pour le coup, l’auteur l’a si bien planté que j’étais déjà lassée. Toutefois, je
poursuis ma lecture dans l’espoir de… mais non, rien. Je ne saisis pas les choix de construction des chapitres, je ne suis pas prise au milieu de la tempête et je n’éprouve pas les angoisses de
la survie sur l’île… De page en page, je dérive… et pas l’ombre d’une jolie phrase à laquelle je pourrais m’agripper.
C'est donc déçue que j'ai refermé ce roman qui tenanit pourtant un sujet de qualité me semble-t-il.
Sources : Les naufragés de l'île Tromelin, Irène Frain, ill de couv. François Frain, Michel Lafon,
2009
Par Alexandra
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Lundi 30 mars 2009
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22:44
Imaginez une librairie au coeur de Paris. Une librairie qui n'aurait que faire des rentrées littéraires et autres prix qui représentent plus de la moitié des
ventes. Une librairie entièrement dédiée aux romans... aux bons romans uniquement ! Et bien cette librairie, Francesca et Ivan, deux amoureux des livres, l'ont ouverte. Le fonds a été
composé par un comité d'experts, 8 écrivains reconnus : sous le sceau du secret et de l'anonymat, chacun d'eux a fourni une liste de 600 bons romans. Tout semblerait parfait si on n'avait
pas attenté à la vie de trois de ces experts...
Le sujet de ce roman était pour l'auteur, Laurence Cossé, des plus périlleux car en prétendant ne traiter que de bons romans il fallait que le roman lui-même soit de bonne facture... ce qui,
à mon sens, est le cas (écriture, construction de l'intrigue, tons...).
J'avoue avoir éprouvé un plaisir particulier à déambuler au milieu de ces oeuvres, de ces auteurs vénérés ou conspués, allongeant au passage ma liste de livres à lire. Autre plaisir : vivre
par procuration la vie de libraire d'une librairie idéale, avec ses désirs, ses désillusions, ses difficultés...
De plus, au-delà du plaisir même de parler de livres, ce roman entame une réflexion autour de ce qui fait ou non un bon roman, de ce qui est digne d'être appelé littérature et de ce qui ne l'est
pas... présentant habilement arguments et contre arguments. J'ai donc pris le temps de lire chaque mot, de peser chaque reflexion, d'annoter...
Enfin, le vrai coup de maître de ce texte est que ce sujet et ces réflexions ne nuisent en rien au récit : ni langueur ni abstraction. Au contraire, l'auteur en a fait le matériau
d'une intrigue policière à laquelle le lecteur adhère aisément.
Amoureux des livres et des bons romans, ce roman-ci fera partie de vos prochaines lectures, j'en suis sûre...
Sources : Au bon roman, Laurence Cossé, Gallimard, NRF,
2009
Par Alexandra
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Samedi 7 mars 2009
6
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/2009
09:58
Voici le cinquième écrit qui contient la vie du Christ et son enseignement... ou presque, puisqu'il s'agit d'un roman. Il s'ouvre sur la Conception et s'achève avec
le Christ sur la croix. Ce récit vous dévoile les pans de cette histoire ignorés ou tout juste évoqués par Marc, Luc, Jean et Matthieu.
La narration se focalise d'abord sur Joseph tout au long de la naissance et de l'enfance de Jésus. Puis après sa crucifixion le narrateur suit les recherches et les errances de Jésus jusqu'à ses
dernières paroles.
Saramago, écrivain portugais prix Nobel de littérature en
1998, nous offre ici un roman remarquablement abouti tant narrativement que stylistiquement.
En effet, son roman prétend embrasser ce qu'on ne sait pas de la vie de Jésus : ces moments tus entre sa naissance et ses prêches, soit une trentaine d'années. Les passages connus de la
vie du Messie sont évoqués, la plupart du temps, de manière succincte, la narration préférant s'attacher à la "petite" histoire, au facteur humain. Ainsi l'intrigue est-elle construite
autour du thème de la culpabilité. Tout d'abord la culpabilité de Joseph qui ne fit rien pour empêcher le massacre des Innocents lors de la naissance de Jésus. Culpabilité dont Jésus
héritera : lui, choisira de quitter à quinze à peine sa famille pour chercher le sens de la Vie et de sa vie. L'écriture apporte une forme d'authenticité à cette oeuvre puisque
l'auteur adopte le style évangélistique : longues phrases où la virgule remplace le point et où les paroles se mêlent à la narration.
Dans ce roman, nous découvrons un Jésus pétri de doutes, d'incertitudes mais aussi d'orgueil. Sur sa route, il rencontrera d'abord le Diable puis Dieu.
Satan est loin de sa caricature habituelle : c'est un être au visage affable implorant le pardon de Dieu pour sa faute originelle ; pardon qui lui sera refusé car Dieu a besoin du Mal pour justifier son existence. Dieu apparaît donc comme un être ambitieux et orgueilleux : il veut la puissance et la
gloire pour des siècles et des siècles (selon la formule consacrée). Jesus et tous les hommes qui mourront en son nom ne sont que les instruments de son dessein. Cette critique acerbe de la
volonté divine se manifeste entre autres par les variations de tons, tantôt graves, tantôt ironiques, tantôt satiriques ; par de longues listes de crimes commis au nom de Dieu Tout
Puissant comme cette liste de Saints et de leur martyre qui occupe plus de trois pages ; par un échange particulièrement éloquent entre Dieu et le Diable qui prend fin en ces
termes : "Alors le Diable dit, Il faut être Dieu pour aimer autant le sang".
Bref, l'existence de Dieu est-elle vraiment légitime ? Voilà la question qui parcourt le roman en filigrane.
Sources : Evangile selon Jésus-Christ, ill de couv. Mark Atkins, Ed du seuil, 1993 (trd française)
Christ de saint Jean de la Croix
Salvador Dalí,
1951
The Glagow Art Gallery
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Jeudi 12 février 2009
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08:29
Louis n'a jamais réussi sa vie amoureuse et vit encore avec sa mère. Il décide de se prendre en main mais
pour cela, il doit trouver une idée pour sa mère dépendante. Les esquimaux "abandonnent leurs vieux sur un morceau de banquise" : Louis tue sa mère. L'héritage lui permet de vivre confortablement
; dès lors, il décide de rendre heureux ses amis en aidant, à leur insu, leurs vieux à disparaître plus tôt que prévu.
Louis ne commet en réalité que des crimes d'encre puisqu'il n'est que le personnage principal du roman que le narrateur rédige sous nos yeux de lecteur. Ce narrateur est un taciturne et un
solitaire. Sa petite vie est bousculée lorsque débarquent chez lui Nath, la fille de celle qu'il aime, puis Christophe, un vieil ami. Sa fiction prend alors des goûts de réalité.
Ah, Monsieur Garnier, comme vous vous jouez de nous ! On se récrimine lorsque certains
confondent narrateur et auteur et, Vous, vous nous livrez un narrateur plus vrai que l'auteur. Solitaire, taciturne, aimant écrire le verre à la main, au physique prétendu déplaisant,
rédigeant des récits pour la jeunesse à la demande expresse de son éditeur... bref, tout ce dont parle Pascal Garnier à son propre sujet lors d'une rencontre littéraire... à moins que le Pascal
Garnier qui se livre ne soit lui aussi qu'un personnage construit pour ses lecteurs, ceux de la "vraie vie"...
Par ailleurs, ce qui est plaisant dans ce roman, est la mise en abîme de l'écriture : j'ai toujours savouré ce jeu du récit dans le récit. Le narrateur livre ses réflexions autour de la
construction del'histoire qu'il écrit, autour de Louis ce personnage si complexe : un ange de la mort ou un raté c'est selon. Et c'est avec un plaisir certain qu'on arrive au terme de ces deux
lectures, car c'est bien de cela qu'il s'agit, deux histoires pour le prix d'une : rentable, non ?
Source : La solution esquimau, Pascal Garnier,
Zulma, 1996
Par Alexandra
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