"Kafka était Prague et Prague était Kafka"

Publié le par Alexandra

Comment  parler de Prague sans parler de Kafka ? Pour ce voyage, j'avais justement choisi de plonger dans l'univers de cet auteur à travers deux livres : La Métamorphose et Franz Kafka à Prague. Ainsi lorsque j'empruntais telle rue ou m'arrêtais sur telle place, je songeais aux pas de Kafka. Bref, j’avais l’impression de voyager dans le temps. Cet article sera consacré au second ouvrage.


Ce premier livre retrace l’histoire de Kafka en cheminant à travers les lieux de vie et de promenade de l’auteur.


Une des idées fondamentales développées par cet ouvrage est que sa vie tout entière appartenait à Prague à tel point qu’il vivait cet attachement comme une soumission et n'hésitait pas à l'appeler "la ville maudite". Il a bien tenté d’échapper à cette emprise par quelques voyages à l’étranger mais, comme s’il avec signé un pacte avec Elle, Prague usait de ses Charmes et rappelait Kafka à ses côtés.
Je ne peux m’empêcher alors de divaguer à mon tour et de me dire que cette Ville a peut-être de réels pouvoirs ; songeons un instant à son étymologie : Prague signifie le seuil. Serait-elle un lieu de passage ? En tout cas, elle emmène nos esprits dans d’autres contrées…Et si ce passage était matérialisé par le Pont Charles ? Kafka adorait le traverser et admirer ses noires statues baroques,
qui d’ailleurs ainsi disposées donnent une certaine théâtralité au lieu. C., bien plus que moi, en a fait l’expérience : chaque jour, le pont l’appelait à lui : tantôt aux aurores (voir ci-contre), tantôt à la tombée de la nuit.


«  Des gens qui foulent des ponts obscurs

en passant devant des saints

avec une lanterne dépolie.

Des nuages qui défilent dans un ciel gris

devant des églises

dont les tours baignent dans le crépuscule.

Quelqu’un est appuyé contre le parapet

et contemple l’eau du soir, les mains posées sur des vieilles pierres. » (Journal de Kafka)



Kafka est né en 1883. D’origine juive, sa famille se devait de vivre dans le ghetto Josevo ; cependant leur maison se situait juste à la limite entre le quartier juif et le quartier tchèque, comme un appel à regarder hors de la communauté. Kafka ne se sent pas juif mais, adulte, il découvre le Juif qu’il est grâce à son ami le comédien Löwy.

Avec ses parents, il vivra aussi au 2 rue Celetna, dans la maison Sixt qui eut pour illustres habitants Pétrarque et Johannes Faust (Voyez que mon lien avec un quelconque pacte n’est pas si farfelu !). Franz Kafka était perpétuellement en quête de silence pour pouvoir écrire : il alla jusqu’à s’installer dans la rue des alchimistes de Rodolphe II, la ruelle d’or… Quand on songe aujourd’hui à l’animation touristique de cette rue (voir photo ci-dessus) désormais fort surfaite, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire.


Kafka n’était pas cet être solitaire qu’on présente souvent, de manière presque caricaturale. Certes, ses écrits et ses univers manifestent un esprit sombre, torturé, en proie à mille angoisses, mais aux dires de ses contemporains et de ses amis, Franz Kafka était plutôt jovial, participait activement à la vie littéraire (membre du Cercle de Prague) et menait une vie légère et dissolue la nuit venue. Il est d’ailleurs très plaisant de se promener dans ses rues de Josevo, aujourd’hui très chic, en ayant à l’esprit les photos de l’ancien ghetto avec la plus célèbre des rues à bordels de Prague…  

Kafka ne meurt pas à Prague en 1924, mais lié jusque dans la mort à cette ville, il est aujourd’hui enterré dans le nouveau cimetière Juif.

Ref : Franz Kafka à Prague, G-G Lemaire et H. Moulonguet, ill de couv. Moulonguet, Hachette Livre, Ed du Chêne, 2002




Depuis cette année, un musée ( vue de l'entrée ci-contre) se consacre à la vie de Kafka. Je l’ai visité : en pratique, il est toujours difficile de figer derrières des glaces un auteur. Une série de photos et de manuscrits présentent sa vie mais un bon ouvrage est plus complet, puisque la réception de ses œuvres par ses contemporains n’est pas évoquée dans ce lieu qui lui est consacré.
Pourtant, j’y ai passé presque une heure : pourquoi me direz-vous ? Eh bien, il se trouve que ce Musée est remarquablement contemporain. Des artistes on été mis à contribution : les murs jouent avec le noir et blanc, les matières, les reflets, les photos reposent au fond de bacs d’eau, des bandes sons très courtes se répètent inlassablement. De plus, sont exposées des œuvres d’art inspirées des textes de Kafka… J’y ai donc trouvé un intérêt… autre que celui que j’étais venu trouver.

 

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Jean-Marc 07/03/2009 23:11

Ces nouvelles photos de Pragues me motivent à nouveau à y aller ...
Kafka ... c'est loin ... je n'ai rien lu de lui depuis le lycée ...
Bises

Alexandra 08/03/2009 07:55


Idem pour moi depuis la fac... c'était donc une bonne occasion de se plonger le temps de quelques pages dans son univers.