Un petit regain d'enfer de Robert Deleuse

Publié le par Alexandra

Le narrateur, un poilu blessé au front le 5 novembre 1918, ne rentre dans son village natale de Dollène qu'en 1919, avec un bras en moins. Il ne passera que peu de temps auprès de ses parents car très vite une jeune fille viendra le trouver. Son fiancé, le caporal Magre, compagnon d'armes du narrateur, a été porté déserteur ; or, ni elle-même ni les parents de celui-là  n'arrivent à accorder foi à cette hypothèse. L'armistice était proche et ce n'était pas un lâche. A ces deux motifs s'ajoute le fait que Joseph Magre avait eu un comportement inhabituel lors de sa dernière permission : il semblait très préoccupé et taciturne. Le narrateur promet  alors de mettre au clair cette affaire ne sachant pas qu'il vient de mettre le pied dans une affaire complexe où il va devoir faire face à la hiérarchie militaire et à un tueur en série.

Dans sa démarche, ce récit rappelle fortement Un long dimanche de fiançailles de Japrisot sans en être pour autant une pâle transposition pour la jeunesse. En fait, nous sommes à nouveau confrontés à un récit prétendu pour la jeunesse alors même que sa construction est loin d'être aisée : en effet, le lecteur oscille entre l'histoire de l'enquête, l'histoire des faits et une histoire parallèle d'un homme amnésique. Complexe aussi car s'enchevêtrent une énigme criminelle et des secrets défense. Ensuite, le lecteur n'est  épargné ni par les horreurs-mêmes de la guerre, ni les détails sordides des meurtres auxquels le narrateur se trouve confronté. Les chapitres explicatifs mettent au clair les obscurités de ces affaires et tissent habilement le réseau de liens entre les différentes énigmes. Bref, un bon récit ayant trait à la Grande Guerre.

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Une garde à vue 30/12/2014 10:15

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