Debout les morts de Fred Vargas

Publié le par Alexandra

Première lecture de vacances
  
vargas-debout-les-morts.jpgTrois jeunes hommes, Mathias, Marc et Lucien, emménagent dans une vieille demeure parisienne à l'abandon ; outre leur passion pour une période de l'Histoire et leur marginalité, ce qui les réunit est leur situation financière désastreuse. A l'est de leur "maison pourrie" (ainsi est surnommée leur habitation dans le quartier) vit Sophia Siméonidis, une ancienne cantatrice qui jouissait d'une certaine renommée dans sa jeunesse ; à l'ouest, Juliette, propriétaire d'un restaurant "Le tonneau", amie proche de celle-là.
Depuis quelques jours Sophia est inquiète : un arbre, un hêtre plus précisément,  a été planté pendant la nuit dans son jardin. Est-ce un mauvais présage ? Y a-t-il une correspondance entre un être et un hêtre ? Aussi sollicite-t-elle ses nouveaux voisins : moyennant salaires, elle leur demande de creuser sous l'arbre pour voir si...
Quelque temps plus tard, Sophia disparaît. Les trois hommes et un vieux flic venu s'installer chez eux enquêtent sur cette mystérieuse disparition : ils avaient fini par apprécier leur nouvelle voisine.
  
Riche, l'intrigue de ce roman attise la curiosité du lecteur et l'amène à effectuer ses propres raisonnements et déductions. Surprenante aussi est cette intrigue puisque lorsque l'on croit avoir dévoilé une des clefs de l'énigme un rebondissement crée une félure dans notre démarche. Ces rebondissements sont eux aussi assez remarquables car il ne s'agit pas de grandes secousses qui créeraient un séisme dans vos déductions  et qui confèreraient un rythme haletant voire trépident au récit ; non, ce sont des détails, des petits riens, des "frôlements" qui, mis bout à bout, modifient la trajectoire de votre réfléxion. C'est un ensemble presque feutré dans lequel est plongé le lecteur.
La qualité de ce roman repose aussi, à mon avis, sur des personnages bien campés. Malgré leur marginalité, les trois jeunes hommes sont des êtres fort réalistes : les traits humains, qualités et défauts, les pensées,  certitudes et craintes, sont peints avec justesse tant dans leurs excès que dans leurs nuances. Au terme de la lecture, point de héros mais un ensemble de personnages attachants aux natures fort singulières.
Bref, un agréable moment de lecture.

Publié dans Romans

Commenter cet article

Marie-Anne s’étonna de voir le lieutenant ... 30/12/2014 11:07

.