Manon Lescaut de l'abbé Prévost

Publié le par Alexandra

undefinedCe récit s'organise autour de deux rencontres entre un homme de qualité, le narrateur, et le chevalier Des Grieux. La première fois, c'était à Pacy-sur-Eure où se trouvaient des gardes qui menaient des filles de mauvaises vies condamnées à l'exil en Amérique.  Ce jeune homme suivait le convoi : c'était l'amant d'une des prisonnières. Le narrateur l'invite à lui conter son malheur. Il lui raconte alors la passion violente qui le saisit lorsqu'il vit pour la première fois Manon, comment ils s'aimèrent et à quelles extrémités il se trouva acculé pour garder sa faveur et lui éviter l'enfermement. Tel est le sujet, en peu de mots, de ce chef d'oeuvre de la littérature classique.
   
Je me plongeais dans ce livre pour la troisième fois lorsque je fus happée par un vent nouveau, une brise légère. Je n'avais plus la surprise de l'intrigue mais l'écriture me prit tout entière! Je n'avais pas gardé le souvenir de l'écriture haletante de ce récit : chaque phrase me fait l'effet d'un souffle, chaque paragraphe celui d'une respiration. Le rythme est effréné et la lecture ne connaît aucun répit. 

Ce rythme s'accorde avec la vie trépidante de Manon Lescaut et du chevalier Des Grieux : libertinage, vol, meurtre, fuites... Rien est épargné à cette jeunesse éprise de liberté et de jouissance qui les mène à leur perte. Le chevalier Des Grieux n'a rien d'un héros : il subit les passions de l'amour fatal produit par une femme fatale ; dépossédé de toute volonté, il se soumet à ses moindres désirs et commet les crimes les plus atroces sans éprouver de réels remords. C'est délicieux.
Ecrit en 1731, ce roman connaît un vif succès en 1733 malgré les plus abominables critiques. On se plaît à lire ces aventures libertines qui trouvent leur raison d'être dans l'Amour. Ainsi Montesquieu a-t-il écrit : « Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon et l’héroïne une catin plaise, parce que toutes les mauvaises actions du héros ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse ».
 
Il suffit de feuilleter parfois les rayons de sa bibliothèque pour retrouver des trésors...

 

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L'odalisque blonde, François Boucher (1752)
 
" Mon coeur s'ouvrit à mille sentiments de plaisir dont je n'avais jamais eu l'idée. Une douce chaleur se répandit dans toutes mes veines. J'étais dans une espèce de transport, qui m'ôta pour quelque temps la liberté de la voix et qui ne s'exprimait que par mes yeux. Mademoiselle Manon Lescaut, c'est ainsi qu'elle me dit qu'on la nommait, parut fort satisfaite de cet effet de ses charmes" (Manon Lescaut, Abbé Prévost)
 

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L’ambulance arriva un quart d’heure... 30/12/2014 11:09

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Fleur 13/02/2008 10:22

Bonjour Alexandra,
va voir sur mon blog, un petit message t'attends, aucune obligation d'y répondre...