Trois carrés rouges sur fond noir de Tonino Benacquista

Publié le par Alexandra

Benacquista-3-carres.jpgAntoine Andrieux arrondit ses fins de mois dans des galeries d'Art comme arpette : il monte et démonte des expositions sous les ordres de Jacques le maître-accrocheur. L'art contemporain signifie peu de choses pour lui : il juge une oeuvre à son poids, à sa difficile manipulation et à son étrangeté. Le seul art qui soit, à ses yeux, est le billard. Il s'adonne à ce jeu chaque soir à l'insu de tous : son potentiel est immense et l'un des plus grands joueurs du moment vient de le repérer. 
A la galerie se tient une rétrospective de Morand : "Trente-cinq toiles, pratiquement toujours la même, d'indescriptibles griffures noires sur fond noir. Une obsession. Un malaise." (incipit du roman)... et au milieu de ces monochromes sinistres l'Essai 30. Un carré jaune et une flèche d'église d'une précision surprenante. Alors qu'Antoine garde exceptionnellement la galerie pour quelques minutes, un homme fort distingué entre, se dirige vers le fond de la salle, sort un cutter, coupe soigneusement cette toile et s'apprête à s'en aller. Celui-là s'interpose, les hommes luttent, le voleur s'enfuit, renversant au passage une oeuvre d'acier acéré qui s'effronde sur Antoine. Il se trouve amputé de sa main droite. Dès lors, il part en quête de son agresseur avec pour seul indice l'Essai 30.
   
Encore un roman où l'Art occupe une grande place ! Décidément je ne me lasse pas de ce thème.
Ce récit de Benacquista est à classer dans la catégorie des romans noirs : un style simple, une intrigue efficace et une bonne dose d'humour noir. Cependant derrière cette apparente simplicité on peut lire en filigrane une critique acerbe du monde de l'art comtemporain et de son "business". Une critique présente dans le titre même du roman puisqu'il s'agit d'une formule empruntée au personnage principal pour se moquer du verbiage des critiques autour de certaines oeuvres contemporaines au sens, prétend-il, plus que douteux. 
Un roman plus sombre et plus sérieux qu'il n'y paraît.

Publié dans Romans

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La mère supérieure était seule ... 30/12/2014 15:36

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freude 04/01/2008 19:40

Je le note aussi, j'aime bien cet auteur.

katell 20/11/2007 21:28

Je le note car depuis "La commedia des ratés" j'ai découvert l'écriture de Benaquista :-)