La Voleuse de livres de Markus Zusak

Publié le par Alexandra

voleuse-livres.jpgNous voici à nouveau confrontés à un narrateur inattendu : la Mort ! « Inattendu » est l’adjectif juste : la Mort n’est pas celle que l’on croit. « Je n’ai pas de faux, ni de faucille. Et je n’ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m’attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment ? Je vais vous aider. Allez vous chercher un miroir pendant que je poursuis » (p.301). Et oui la Mort est aussi humaine que vous et moi, à ce détail près qu’elle est immortelle. Voilà bien son grand malheur, surtout en ces années quarante ! Heureusement, au milieu du noir, du gris et du rouge de son quotidien, une petite fille, la Voleuse de livres, va apporter des couleurs à son existence. C’est donc avec une certaine curiosité, admiration même, que la Mort nous raconte de quelle manière les mots et les livres l'aident à vivre… et à survivre.
 
Une histoire prenante à laquelle je n’ai pu résister. Cette vision de la Mort me semble originale : nous voici face à un être tout pétri d’émotions et de sentiments qui s’attache à libérer les hommes de la souffrance et qui s’interroge sur les raisons de ces guerres et de ces massacres. Ce roman c’est aussi l’histoire d’une famille allemande qui, à leur manière, résiste au nazisme. Enfin, ce roman est le roman des livres et des mots… certains y verront peut-être un essai !
Bref, un livre à lire… et à partager. Merci à celle qui me l'a fait découvrir.

Extrait :
" Tant d'êtres humains.
Tant de couleurs.
  
Ils continuent à m'habiter. Ils harcèlent ma mémoire. Je vois les tas immenses qu'ils forment, empilés les uns sur les autres. L'air est comme du plastique, l'horizon comme de la colle en train de prendre. Le ciel est fait de gens, un ciel perçé et qui goutte, tandis que des nuages cotonneux couleur de charbon battent comme des coeurs noirs.
Et puis...
Et puis il y a la Mort.
Moi, la narratrice.
Qui me fraie un chemin dans tout cela.
En surface : imperturbable, impassible.
En dessous : défaite, déconcertée, déboussolée."
 
La Voleuse de livres,
M. Zusak, Ed Oh!

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La porte du bureau s'abattit ... 30/12/2014 15:57

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